un peu de culture

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MOTO JOURNAL n°861 de septembre 1988
Les alentours de Barcelonnette sont un terrain de jeu qui convient
parfaitement à ces deux sportives. La Honda a parfois du mal à s'accrocher
aux basques de la petite TZR très vive et beaucoup plus facile à emmener.
La Yamaha est elle aussi très soignée. Son cadre en aluminium à
structure latérale (Delta box) renferme un twin deux temps à admission
directe dans le carter. Clapet d'admission et système YPVS à
commande électronique à l'échappement optimisent le rendement
du moteur à tous les régimes Comment oser comparer deux motos aussi opposées : du prix de vente à la cylindrée en passant par le poids, la RC30 et la 250 TZR sont effectivementaux antipodes l'une de l'autre. Seulement voilà, à Moto-coin-coin, on ne se laisse pas impressionner par un banal prix de vente ou une cylindrée un poil élevée, non !Et pour cause, notre seul but est de vérifier si oui ou non nous sommes en train de chevaucher une bonne moto. A ce sujet, autant vous informatitionner : ces deux engins représentent ce qui ce fait actuellement de mieux dans leur catégorie respectives. Je dirais même plus, elles restent totalement comparables tellement leur philosophie est proche. Issues toutes deux de la course, la TZR et la RC30 n'on qu'un but en point de mire : fournir des sensations au pilote et soigner de près, de très-très près la trajectoire. A leur guidon, un nouveau monde prend forme sous votre casque : celui des GP 250 ou des courses d'endurance. L'un chausse ses gants en se mettant dans la peau de Ruggia, l'autre mets son Shoei aux couleurs de Dominique Sarron en pensant à la pole (position quoi)., mais les deux partent l’âme sereine pour aller causer chrono dans la vallée de Chevreuse ou taquiner les freins en plein Sébastopol. On s'refait pas Le domaine du sport a et sera toujours l’une des plus belles anti-chambres du rêve Honda et Yamaha (et même les autres) ont compris cela et vous voudriez que l’on passe à coté d'un comparatif aussi justifié !
La loi des extrêmes vous connaissez ? Non ?
Alors suivez le guide…
La RC30 est très sophistiquée. Moteur V4, doté de deux fois deux arbres à
cames en tête, seize soupapes, le tout entraîné par cascade de pignons et
calé dans un cadre en aluminium à structure latérale. Monobras arrière et
fourche à démontage de roue rapide apportent à la note finale de ce véritable
prototype d'endurance LA différence La 250 TZR a beau être superbe avec son cadre Delta-Box en aluminium, ses deux roues du 17' à trois branches creuses et son gros disque avant, elle se doit malgré tout de céder la place en matière d'exotisme et de classe à la Honda. Là est LA différence : la RC 30 n’est pas une belle moto, mais une véritable sculpture au sens propre du terme. A chaque arrêt elle nous charme de par ses formes. Sa noblesse de fabrication, son... professionnalisme. Vous pouvez la laisser n'importe ou, votre regard se tournera irrésistiblement vers elle pour la détailler avec délectation Un piège à esthètes en quelques sorte. On n'est franchement pas habitué à pouvoir contempler ce style de réalisation tous les jours. La fourche « usine », le monobras, le gros pot inox, le sublime cadre en aluminium cloisonner, le petit bouchon de mise à l’air libre du réservoir : Tout est là pour entourer d’une « aura » magique cette moto de course garantie pur-sang. Cette seule différence justifie le prix d'achat de cet engin d'usine en vente libre.
Le miracle s'opère de la même façon en enjambant la moto à l'arret. Alors que la TZR met gentiment dans I’ambiance en offrant un tableau de bord « racing » et une position agréablement sportive, la RC 30 vous viole littéralement et bouscule les idées reçues, Selle monoplace très large, réservoir tout court et bracelets tout en bas. Là devant. c'est le menton sur le garde-boue avant que l’on s’installe sur cette déesse Vous me mettrez un soupçon de démarreur, deux doigts de gaz et un nuage d’embrayage siouplait !
Confort contre rigidité Beaune, Lyon, Valence, nous sommes sur I'autoroute. La Honda gronde gentiment en prenant un 160 de croisière pour ne pas essouffler la TZR qui garde la tête haute dans ces conditions et cale son compte-tours à 8000 tours soit 2000 tours de réserve avant la zone rouge. La petite Yam est confortable, protège mieux que la RC 30 et propose une position de conduite beaucoup plus adaptée aux longs trajets routiers, car la RC 30 maltraite nettement son pilote, surtout au dessus de 180 km/h. A cette vitesse. le vent vient vous bousculer le crâne d’une façon peu orthodoxe. Sur ce terrain, la TZR prend un net avantage malgré son handicap de cylindrée. Bien sur, le V4 de la RC 30 permet de décompresser un peu en prenant quêk’tites pointes : et un pied incommensurable vu la rigidité d’ensemble et la tenue de cap phénoménal de l’engin. N’empêche qu'avec sa meilleure autonomie; et son excellent confort la TZR donne l’impression d’une route toujours avertie et fière de l’être N'allez pas croire qu’elle n'est bonne qu'à ça la petite, surtout pas ! Avec une vitesse de pointe de 195 km/h, elle n’exclut pas la possibilité d’enrouler le câble de gaz en butée pour hanter les courbes du Morvan ou d’ailleurs. Car la aussi elle fait merveille, sans aller aussi loin que la RC 30 en rigidité, elle met le pilote en confiance toujours dans ce feulement discret caractéristique des bicylindres de course de la marque. Que vous preniez l’une ou l’autre de ces deux exceptions l'étonnement sera au rendez-vous, et quoi de plus beau que d'arriver encore à être étonner par une moto ?
L'exclusivité face à l'homogénéité Die, Aspres sur Buech, Veynes. Gap, Le Lauzer et enfin Barcelonnette. On entame les choses sérieuses : Ies petites routes dégradées, parfois bien plates, parfois bien gravillonneuses, mais toujours foncièrement jouissives. Cet endroit de prédilection pour les sportives sied à merveille à la TZR. Elle joue avec les changements d angle, offre sa précision et sa stabilité avec amour à son pilote tout en restant magistralement rassurante. Il suffit de trouver sa place sur la selle, de jouer avec le sélecteur, de potasser l’appui idéal et tout coule. Impossible à là RC 30 de larguer la petite guêpe qui semble voler au-dessus des bosses et se moquer des virages aussi serrés soient ils.
Malgré son avantage en couple et en puissance, la Honda demande une grosse concentration pour rester dans le terrain de jeu de la TZR.
Au niveau efficacité pure sur une petite route, la TZR apparaît comme la reine de l'improvisation, des freinages sur l’angle, et des accélérations précoces. Son freinage à la hauteur (bien que très moyen en agrément à cause de la forte pression à donner sur le Ievier) lui permet de négocier les courbes sans arrière pensée. Il est certain que la Honda devra profiter des bouts droits, à pilote égal, pour coller au train de ce deux temps taquin.
Mais si la TZR est géniale à emmener à ta limite, la RC 30 l’est aussi au niveau de sa précision générale. Là, on entre dans un monde inconnu, celui de la rigidité et de l'exception. Je m'explique : avec elle, on ne freine pas mas on incruste la moto dans Ie goudron, on ne se place pas, on choisi son degré d'angle et la moto s’y tient, imperturbable. Les suspensions fermes font un travail remarquable. La position très en avant (les mains paraissant situées de chaque coté du bassin)
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un petit bijou de moto qu' est :
el magnífico "COBAS JY4"
